Noël, ça fait vraiment chier ! de Elsa Cayat

Noël, ça fait vraiment chier ! : Sur le divan de Charlie Hebdo Broché – 29 octobre 2015
de Elsa Cayat (Auteur), Catherine Meurisse (Illustrations), Alice Ferney (Préface)

1540-1
« Dans les mots se trouvent les clés de notre liberté et la possibilité de jouir de la magie de la vie et du monde », écrit Elsa Cayat, qui fut pendant un an la chroniqueuse de la rubrique « Charlie divan ». Animée par la passion du langage et l’écoute des autres, la traque des lapsus et des doubles sens, Elsa Cayat s’inspire de grands débats de société ou d’anecdotes recueillies auprès de ses patients pour disséquer les problèmes inhérents à l’humain et nous prouver que chacun recèle en lui les ressources nécessaires au bonheur. Sa façon de traiter l’adhésion à l’autorité, le racisme, le capitalisme, la jouissance, la légalisation du cannabis ou encore la famille nous ouvre des champs de réflexion passionnants. Ni freudienne, ni lacanienne, cette « libertaire flamboyante, optimiste et idéaliste » nous livre dans ce recueil sa vision singulière des êtres et de la société. Des textes portés par des dessins originaux de Catherine Meurisse et introduits par Alice Ferney. »
Elsa Cayat était psychiatre et psychanalyste, née à Sfax (Tunisie), avait publié « Un homme +une femme = quoi ? », « Le désir et la Putain », « la capacité de s’aimer »
elle a perdu la vie lors de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo le 7 Janvier 2015, elle tenait la rubrique « Charlie divan » que ses assassins n’ont sans doute jamais lue…

Zone de Mathias Enard

9782742777051

je me suis offert Zone de Mathias Enard ce sera mon prochain livre de chevet dès que j’aurai posé le Labat dans lequel je me noie avec délices (visiblement ce sera une mine d’Histoire). Je n’en ferai pas ici pour l’instant la critique, ne l’ayant pas encore lu, mais cela viendra.

En attendant : le mot de l’éditeur :

« Par une nuit décisive, un voyageur lourd de secrets prend le train de Milan pour Rome, muni d’un précieux viatique qu’il doit vendre le lendemain à un représentant du Vatican pour ensuite – si tout va bien – changer de vie. Quinze années d’activité comme agent de renseignements dans sa Zone (d’abord l’Algérie puis, progressivement, tout le Proche-Orient) ont livré à Francis Servain Mirkovi´c les noms et la mémoire de tous les acteurs de l’ombre (agitateurs et terroristes, marchands d’armes et trafiquants, commanditaires ou intermédiaires, cerveaux et exécutants, criminels de guerre en fuite…). Mais lui-même a accompli sa part de carnage lorsque la guerre en Croatie et en Bosnie l’a jeté dans le cycle enivrant de la violence.
Trajet, réminiscences, aiguillages, aller-retour dans les arcanes de la colère des dieux. Zeus, Athéna aux yeux pers et Arès le furieux guident les souvenirs du passager de la nuit. Le train démarre et, avec lui, commence une immense phrase itérative, circulatoire et archéologique, qui explore l’espace-temps pour exhumer les tesselles de toutes les guerres méditerranéennes. Car peu à peu prend forme une fresque homérique où se mêlent bourreaux et victimes, héros et anonymes, peuples déportés ou génocidés, mercenaires et témoins, peintres et littérateurs, évangélistes et martyrs… Et aussi les Parques de sa vie intérieure : Intissar l’imaginaire, la paisible Marianne, la trop perspicace Stéphanie, la silencieuse Sashka…
S’il fallait d’une image représenter la violence de tout un siècle, sans doute faudrait-il choisir un convoi, un transport d’armes, de troupes, d’hommes acheminés vers une oeuvre de mort. Cinquante ans après La Modification de Michel Butor, le nouveau roman de Mathias Enard compose un palimpseste ferroviaire en vingt-quatre “chants” conduits d’un seul souffle et magistralement orchestrés, comme une Iliade de notre temps.
Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié deux romans chez Actes Sud : La Perfection du tir (2003) – Prix des cinq continents de la francophonie, 2004 – qui paraît en Babel, et Remonter l’Orénoque (2005). Ainsi que, chez Verticales, Bréviaire des artificiers (2007). »

 

 

« La Biblothèque idéale du Naufragé » de François Armanet

bibliotheque-ideale-du-naufrage-701387-250-400

François Armanet est né en 1951, réalisateur, écrivain, Rédacteur en Chef au Nouvel Obs après l’avoir été à Libé, il est le réalisateur et le romancier du film « La Bande du Drugstore » sorti en 2002, sur la jeunesse anté- soixantehuitarde, celle qui se rendait au Drugstore Saint Germain rendu tristement célèbre par Carlos; les « minets du drugstore » une vision sur la jeunesse dorée à la Sagan et l’insouçiance des Beaux Quartiers avant que ne fleurissent les pavés. Dans le film éponyme Bashung, Gainsbourg, Tierry Lhermitte mais aussi Romain Goupil, Jacques Lanzmann tenaient des rôles
Armanet vient de sortir « La Biblothèque idéale du Naufragé » chez Flammarion, un ouvrage de 200 pages procédant d’un questionnaire posé à 200 écrivains qui se devaient de répondre à la question : quels sont les trois livres que vous emporteriez sur une île déserte?…
J’ai relevé la réponse de Toni Morrison, courte, évocatrice et décevante (pour moi) :
« j’emporterai l’Histoire de la Décadence de la Chute de l’Empire Romain d’Edward Gibbon, que je relis sans cesse, notamment pour la beauté de la langue. Et puis j’emporterais beaucoup de cahiers, pour pouvoir écrire encore deux livres ! » bon je veux bien c’était peut être de l’humour mais je reste sur ma faim comme avec l’oeuvre de Morrison d’ailleurs..

 

L’HISTOIRE À LA CARTE

128141_couverture_Hres_0 L’HISTOIRE À LA CARTE
de Thierry Marx, Bernard Thomasson
éditions de La Martinière

mot de l’éditeur :
« Tous les dimanches, sur France Info, Thierry Marx et Bernard Thomasson animent une série érudite et gourmande, L’Histoire à la carte. Chaque semaine, l’homme de radio et le chef étoilé présentent un produit de saison, en déclinent l’histoire, les propriétés et les anecdotes.
Dans ce livre qui est le prolongement de l’émission, ils mêlent l’histoire à la gastronomie et proposent des recettes aussi variées qu’intemporelles (couscous, moules marinières, pêches Melba, gâteau de crêpes).
Une approche de l’histoire côté cuisine sublimée par la photographe Mathilde de L’Ecotais et les illustrations de Serge Bloch. »

interview de l’auteur :
Thierry Marx : » L’idée est de montrer le lien fort qui existe entre l’histoire et la cuisine. A chaque fois que nous évoquons un plat, nous avons pu faire une photographie assez exacte de la société dans laquelle celui-ci a été créé et dans laquelle il a pris son essor. L’ouvrage est truffé d’anecdotes, de références aux grands chefs de l’époque. On voit comment les plats se sont remasterisés au fur et à mesure des années pour trouver encore leur place au XXIe siècle. C’est autant un livre d’histoire que de cuisine mais on ne peut pas dissocier la cuisine de l’histoire. »

Source : http://www.editionsdelamartiniere.fr/ouvrage/l-histoire-a-la-carte-by-tm/9782732474205

 

 

Les peintres primitifs niçois (1430-1560) et les peintures murales du pays niçois(1433-1536)

9782864104582

 

4° de couverture :
«On dit que cette peinture (une peinture sacrée de sujets sacrés) « propose à la contemplation du fidèle une atmosphère de rêve et de merveilleux qui l’entoure, l’enveloppe, le pacifie». En revenant un moment en arrière, en essayant d’imaginer la vie quotidienne où «l’on devait journellement défendre son existence et celle des siens contre les maladies, la disette, l’orage, les loups, les hommes de guerre, l’âpreté du fisc et le mauvais oeil du voisin» sans oublier les accidents en tous genres…Epoque de survie au jour le jour pendant laquelle ces oeuvres furent réalisées…on comprend mieux la justesse de cette pensée.
Contemplez en silence « car il y a toujours deux raisons de se taire devant la peinture : pour écouter ce qu’elle raconte, soit pour écouter le silence qu’elle fait»
Concentrez votre attention sur les visages aux traits délicats, sur leur expression : essayez de dépasser un simple regard. Peut être ressentirez vous comme une certaine émotion, comme s’il s’établissait une relation entre vous, dans une ambiance de sérénité, un peu comme si le personnage captait votre regard, voulait dire «je t’écoute»…
Ainsi vous comprendrez qu’à l’époque, pour un fidèle, pour une âme simple, naïve, mais affligée, désespérée, résignée, le courant pouvait passer facilement et l’espérance renaître.
Que cet ouvrage, revu et augmenté, vous accompagne sur les routes, les chemins et les sentiers de nos lieux sacrés si richement décorés par les Bréa, Durandi, Mirailhet, Cane vesio, Brevesi, Nadale, Baleison…et vous aide dans votre quête…»

Petite anthologie des histoires d’aventuriers en littérature aux Editions du Trésor

anthologie-aventuriers-litterature « Un voyage sur la trace des grands aventuriers romanesques, c’est ce que propose cette surprenante anthologie mêlant des monuments de la littérature à des textes moins connus mais passionnants. Une sélection originale de douze textes emblématiques du roman d’aventure parmi les œuvres d’Arthur Conan Doyle, Joseph Conrad, Daniel Defoe, Henry Rider Haggard, Homère, Victor Hugo, Rudyard Kipling, Gaston Leroux, Herman Melville, Edgar Allan Poe, Mark Twain et Jules Verne. »

de belles illustrations, une tres belle couverture, un beau livre destiné tant aux adultes qu’aux ados, ce pourrait être une idée de cadeau pour un jeune de plus de quinze ans puisque l’on approche de Noel…

Douze auteurs, douze extraits de l’Antiquité à nos jours. Un ouvrage qui plaira aux amoureux d’Histoire, de littérature et de voyage. Un tres beau lien entre ces differentes formes de cultures qui s’enrichissent les unes des autres

« Délivrances » de Toni Morrison

delivrances_morrison

4° de couverture :

Dans son onzième roman, qui se déroule à l’époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.

Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge – à autrui ou à elle-même – et du fardeau de l’humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l’avenir avec sérénité.

« Rusé, sauvage, et élégant… Toni Morrison distille des éléments de réalisme et d’hyperréalisme dans un chaos magique, tout en maintenant une atmosphère narrative séductrice et poétique, voire toxique… Une fois encore, Toni Morrison déploie une écriture courageuse et sensuelle qui fait d’elle, sans doute, la plus grande romancière contemporaine. » Lisa Shea

— Mon avis :

Ce livre commence par l’histoire de la mère de Lula Ann alias Bride, traumatisée par la couleur de peau de sa fille (noire comme le Soudan) et les conséquences pour elle même et ses proches
florilège : «la nourrir, c’était comme une négrillonne qui me tétait le mamelon. Je suis passée au biberon dès que je suis rentrée chez moi.»
«Etre noire à ce point-là et avoir ces lèvres d’après moi trop épaisses qui m’appelaient «Maman», ça rendrait les gens perplexes»
Ce sont les propos d’une mère, et il y a plus, cela m’a bouleversé à l’entame du livre, on ne peut dire qu’il s’agit d’un livre tiède. Peut on trouver un minimum d’excuses à cette mère, peut être le contexte sociologique de cette amérique où :
«Quand mon père et elle sont allés au tribunal pour se marier, il y avait deux Bibles et il a fallu qu’ils posent la main sur celle réservée aux Noirs».
En quelque sorte :
«Il fallait que Lula Ann apprenne à bien se tenir, à éviter de se faire remarquer et à ne pas causer de problèmes. Je me moque du nombre de fois qu’elle change de nom. Sa couleur est une croix qu’elle portera toujours. Mais ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas de ma fautre. Ca non.»
Commenter plus serait supperflu.

 

Home de Toni Morrison

9782264058799

«Ici se dresse un homme» cette phrase peinte sur un ecriteau cloué sur un arbre près d’une tombe improvisée, c’est l’image de la redemption de Franck ce soldat noir rentré de Corèe meurtri par la guerre, la perte de ses amis d’enfance morts au combat à ses côtés et un lourd secret qu’il traîne derrière lui à travers l’amerique ségrégationniste des années 50.
« Home », le titre est un resumé du livre, la coquille qui contient la somme des souffrances que nous font parcourir les pages de cette thaumatologie que nous livre Toni Morrison. La colonne vertébrale de cette histoire est celle de Franck, dont nous decouvrirons au fil de la lecture sans que Toni Morrison n’en écrive le mot, avec grande pudeur, qu’il est noir. D’une famille tres pauvre, son enfance s’est déroulée dans un petit village, sa vie tourne autour de la protection qu’il porte à sa petite soeur avec qui il sera témoin d’un évènement dont il comprendra les tenants et aboutissants à la fin du livre, découverte finale qui lui permettra de formuler ses propres remords et d’atteindre la paix.

Ce bouquin construit sur des déchirements, décortiquant les peaux ne laissant que les os est un onguent de douceur sur ces plaies béantes que sont les attaques de la misère, du racisme et de la guerre et Toni Morrison n’utilise pour seule violence que la suggestion née des mots…

« Critique de la Raison Nègre » de Achille Mbembe

70717747_000_CV_1_000 4 ème de couverture :
De tous les humains, le Nègre est le seul dont la chair fut faite marchandise. Au demeurant, le Nègre et la race n’ont jamais fait qu’un dans l’imaginaire des sociétés européennes. Depuis le XVIIIe siècle, ils ont constitué, ensemble, le sous-sol inavoué et souvent nié à partir duquel le projet moderne de connaissance – mais aussi de gouvernement – s’est déployé. La relégation de l’Europe au rang d’une simple province du monde signera-t-elle l’extinction du racisme, avec la dissolution de l’un de ses signifiants majeurs, le Nègre ? Ou au contraire, une fois cette figure historique dissoute, deviendrons-nous tous les Nègres du nouveau racisme que fabriquent à l’échelle planétaire les politiques néolibérales et sécuritaires, les nouvelles guerres d’occupation et de prédation, et les pratiques de zonage ?
Dans cet essai à la fois érudit et iconoclaste, Achille Mbembe engage une réflexion critique indispensable pour répondre à la principale question sur le monde de notre temps : comment penser la différence et la vie, le semblable et le dissemblable ?

L’auteur :
Achille Mbembe est camerounais. Il est professeur d’histoire et de science politique à l’université de Witwatersrand à Johannesbourg (Afrique du Sud). Chercheur au Witwatersrand Institute for Social and Economics Research (WISER), il enseigne également au département français et à Duke University (aux États-Unis). Il est notamment l’auteur de De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine (Karthala, 2000) et de Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée (La Découverte, 2010).

voici un extrait de « Critique de la Raison Nègre » :
«Par ailleurs, il y a une part maudite constitutive de l’histoire des rapports entre l’Afrique  et la marchandise. Cette histoire prend forme au moment de la traite atlantique. A la faveur de la traite des esclaves, le rapport des Africains à la marchandise se structura rapidement autour du tryptique désir de consommation/ mort/ génitalité. A plusieurs égards, l’économie politique de la traite des esclaves fut une économie foncièrement libidinale. Elle avait ceci de particulier que son centre de gravité, ou encore son moteur principal, était d’une part le désir de consommation et de l’autre le désir de la dépense absolue et inconditionnelle. Ce désir entretenait en retour un rapport étroit avec les procédures de reproduction sexuelle. Il revêtit très tôt les aspects d’une corruption que même la perspective d’autodestruction (la vente des parents proches et la dissolution du lien social) ne parvenait guère à limiter. On peut, au demeurant, dire de cette économie qu’elle fit de l’autodestruction et du gaspillage les indicateurs ultimes de la productivité….»

«Voyageurs excentriques» de John Keay

9782228895842

4 ème de couverture :
«Du père Gifford Palgrave, le premier Occidental à être entré dans Ryad, déguisé en médecin arabe, à Thomas Manning, le premier à avoir pénétré dans Lhassa ; des combats à mains nues de Charles Waterton avec les aligators de Guyane à James Holman, globe-trotter intrépide et aveugle… Quand l’excentricité la plus affirmée se conjugue avec la passion du voyage les résultats sont des plus singuliers, comme nous le montre John Keay, également auteur chez Payot de Voyageurs extraordinaires.
Traduit de l’anglais par Patrick Hersant.»

L’éditeur ne cite pas Joseph Wolff qui visita l’Orient, l’Afrique et l’Asie centrale avant de s’embarquer vers l’Amérique et ceci au début du XIX° siècle, et Philip Thicknesse avec qui commence ce livre, Thicknesse qui fut un des premiers touristes anglais, inventeurs de cet art, qui débarqua à Calais avec son épouse et ses deux fillettes, son perroquet et son petit singe, acheta un cheval nommé «callee »(Calais avec la prononciation anglaise) et lui attela un cabriolet à deux roues pour sillonner la France et le nord de l’Espagne.
L’auteur donne une définition de voyageur excentrique :
«L’excentricité et le voyage constituaient tous deux une manière d’échapper aux conventions d’une société rigide.»
«Brouillé avec la société, le voyageur excentrique a une approche plus respectueuse des contrées qu’il visite. Son esprit est plus ouvert que celui de ses collègues tirés à quatre épingles. Non seulement ses petites manies, mais aussi son attitude le plus souvent bienveillante à l’égard des populations indigènes sont attachantes.»