« Parce qu’ils sont arméniens » de Pinar Selek

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note de l’éditeur :
« Le génocide arménien a un siècle. Une page noire de l’histoire turque, toujours controversée, toujours taboue; un drame qui hante les esprits et les cœurs de génération en génération. Pinar Selek interroge son rapport à cet épisode et à la communauté victime. Au fil des souvenirs et des rencontres, elle raconte ce que signifie se construire en récitant des slogans qui proclament la supériorité nationale, en côtoyant des camarades craintifs et silencieux, en sillonnant Istanbul où les noms arméniens ont été effacés des enseignes, en militant dans des mouvements d’extrême gauche ayant intégré le déni.
Au-delà de la question arménienne, ce témoignage sensible, engagé, parfois autocritique, dénonce les impasses de la violence et sonde les mutations de l’engagement collectif. »
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— Ce livre, je l’ai lu d’un trait, c’est assez rare pour le souligner
Pinar Selek nous parle de son enfance, de la façon dont les enseignants turques abordaient le problème arménien en le niant tout simplement avec pour exemple cette rédaction dont le sujet était : « le génocide arménien est une imposture ». Cette négation au lieu de l’endormir l’interpella, qui sont les Arméniens, où sont les Arméniens ? que personne ne voit, qui ne s’expriment pas et dont personne ne veut parler…
C’est sa rencontre  avec « madame » que l’on appelle ainsi au lieu de « Hanim » (femme) , parce qu’elle est arménienne…
En Turquie il est difficile pour les arméniens d’être heureux…
Il y eut « Madame » Nayat, les rares arméniennes dans ses classes qui ne s’exprimaient jamais, les professeurs qui les fustigeaient, les discours du dictateur militaire ridicule qui ravivait la vindicte, les injures : »batard d’Arménien », les ecrivains et poetes armeniens dont il etait interdit de parler dans les cours —c’est fou comme toutes les dictatures se ressemblent—-
Il y eut « Madame » Talin, son histoire qui la marqua prondément (« nous avions un joli café à Kumkapi »)
— Ce fut ses années de révolte, de défense des minorités, la prison, la torture (son père était communiste, un crime à l’époque), et du fond de sa prison les lettres de Nisan Amca (l’oncle Nisan, tel qu’elle l’appelle ») qui la soutient dans sa douleur, c’était un arménien…

Sa sortie de prison, la creation du mouvement féministe auquel elle participe et puis Hrant Dink, le fondateur d’Agos (le sillon) le premier journal bilingue en turc et arménien dans un pays où les arméniens n’existent pas…L’assassinat de Hrant Dink, c’était un arménien….
Son exil en France et ailleurs, le problème Kurde et puis maintenant Kobané….

—Un livre qui apprend beaucoup…

Ernest Hemingway

Author Ernest Hemingway, who lived on and off in Cuba, is shown with Cuban Prime Minister Fidel Castro in Havana, May 15, 1960.  (AP Photo)

Author Ernest Hemingway, who lived on and off in Cuba, is shown with Cuban Prime Minister Fidel Castro in Havana, May 15, 1960. (AP Photo)

Certains commentaires sur cet auteur condamnent l’homme et parfois l’auteur, il est vrai que si nous essayons de le comprendre avec un regard contemporain on peut retracer des grands traits de son caractere qui de nos jours sont montrés du doigt (par exemple son côté macho), mais si nous nous replacions dans le contexte de l’epoque son attitude est banale, elle est presente chez beaucoup d’auteurs de cette epoque, par exemple Joseph Kessel. Lire une oeuvre avec un oeil critique actuel c’est la denaturer, un auteur a son histoire, qui est celle des gens de son epoque, ses reactions sont à l’aune de celle de ses contemporains. Lorsque je lis un ecrivain je recherche sa biographie, je veux savoir à quoi se refere son oeuvre, par exemple pour Hemingway l’exasperation de son côté machiste tiendrait peut être à sa petite enfance : sa mère aurait voulu qu’il soit une fille et pour ce faire l’habillait en fille, ne lui coupait pas les cheveux et l’appellait « poupée chérie », Hemingway haissait sa mère et la qualifiait de « salope »…
Voici une relation de l’oeuvre et de la vie d’Hemingway ecrite par Leonardo Padura (ecrivain Cubain) parue dans le Figaro:
 »
L’Article du Figaro : Hemingway vu par Leonardo Padura (écrivain cubain)
« Cuba : Adios Hemingway

Il ne cesse de rallumer nerveusement une cigarette dont il fume quelques bouffées avant de l’éteindre à nouveau. Pour faire durer. La rumeur du boulevard envahit la pièce. Leonardo Padura ferme la fenêtre, tire une taffe. “La lecture de Hemingway a fait de moi un écrivain. Je l’ai admiré, infiniment. Mais j’ai découvert sa part d’ombre. Et j’ai écrit Adios Hemingway pour régler mes comptes avec lui.
L’intrigue commence comme un polar. Dans le parc de La Vigía, demeure de Hemingway transformée en musée, un ouragan arrache un manguier. Sous la souche, des ossements humains. Mario Conde, ex-policier, fan deHemingway et écrivain en herbe, est chargé de résoudre cette ténébreuse affaire sur laquelle plane l’ombre du plus célèbre des Cubains d’adoption.

Remontons le temps. Jusqu’à ce printemps 1928, où l’écrivain foula pour la première fois le pavé havanais en compagnie de sa seconde épouse, Pauline Pfeiffer, lors d’une escale du vapeur Orita en provenance de La Rochelle. C’est le coup de foudre. Hemingway revient à Cuba pour pêcher l’espadon, il y découvre la saveur des fruits tropicaux, le goût du rhum. L’île est propice à l’écriture. L’auteur, déjà célèbre, s’installe dans la chambre 511 de l’Hotel Ambos Mundos. Il y travaille à L’Adieu aux armes, un roman qui s’appuie sur ses souvenirs d’ambulancier héroïque lors de la guerre de 1914-1918, où il a été grièvement blessé.

Transformée en minimusée, la chambre 511 accueille les nostalgiques de “Papá”, surnom affectueux que les Cubains donnaient à Hemingway. Ils y trouvent photos et souvenirs. Mais c’est la vue, depuis la fenêtre d’angle, qui ouvre sur l’âme de l’écrivain : la mer, dont jamais il ne voulut trop s’éloigner, et le port s’y devinent au nord. Au sud, la cathédrale émerge de l’océan des toits de tuile de la Vieille Havane, inscrite au patrimoine de l’humanité. Les quais ne sont qu’à quelques centaines de mètres.

Au pied de l’immeuble néo-colonial, un carrefour, joyeux, bruyant. La musique, toutes les musiques cubaines, montent vers le ciel: salsa, son, rumba, cha-cha-cha, boléros se mélangent dans la rue, font vibrer l’air moite. 1936 : la guerre d’Espagne éclate. L’écrivain y est correspondant de guerre, et continue de forger le mythe planétaire d’un Hemingway dur à cuire, qui n’hésite pas à faire le coup de feu. Un mythe que Padura démonte dans son roman. Car jamais, en effet, l’auteur de Pour qui sonne le glas ne prit les armes en d’autres occasions que lors de ses nombreuses parties de chasse, où il fit montre d’un goût consommé pour le sang et la poudre.

“Il n’aurait pas eu les couilles pour tuer quelqu’un”, fait dire Padura à son héros désenchanté. Ce qui n’empêche pas Hemingway, de retour à sa table de travail de l’Hotel Ambos Mundos, d’écrire un roman intitulé fort à propos : En avoir ou pas. Le récit prend pour cadre La Havane : “Tu sais comment est La Havane tôt le matin, avec les vagabonds appuyés contre les murs, avant que les camions frigorifiques apportent la glace aux bars.” De fait, La Havane est un port, canaille, comme tous les ports. Il suffit de passer les limites de la zone classée par l’Unesco pour accéder à l’âme profonde de la ville, suintant de ses façades lézardées, pour retrouver, intacte, la cité évoquée par Hemingway. Splendeur fanée des frontons décrépits, des couloirs ombreux aux senteurs humides, une poésie que l’on imaginait reléguée aux arrière-cours des immeubles du Paris du XIXe siècle décrites par Maupassant, émane des rues en damier de la Vieille Havane.

N’empêche, il y a péril en la demeure, comme en témoignent les nombreux immeubles effondrés, privés de toits, de balcons. Il faut, à contre-courant, fendre la foule des badauds qui se pressent le long des vitrines de la rue Obispo. Enfin, le Floridita offre le havre de sa fraîcheur climatisée. Le bar fut l’un des quartiers généraux de Papá Hemingway. Une statue de bronze à son effigie, accoudée au comptoir, rappelle qu’il y éclusa force daïquiris, dont il inventa ici une recette singulière, le “Papá Doble” : double ration de rhum. Sans sucre. Une hérésie pour Leonardo Padura, qui affirme son goût pour le sucre de canne, seul apte – nous ne lui donnerons pas tort – à rendre buvable un daïquiri digne de ce nom.

Il faut de l’imagination pour convoquer en ces lieux les fantômes d’Errol Flynn, de Sartre ou de Gary Cooper parmi les touristes, dont certains flanqués de jineteras bien trop jeunes pour eux. Les nostalgiques préféreront sans doute la barrade La Bodeguita del Medio, au début de l’étroite rue Empedrado. Un simple trou dans le mur également fréquenté par les spectres du poète cubain Nicolás Guillén, du Chilien Salvador Allende. “Mon daïquiri au Floridita, mon mojito à la Bodeguita”, lançait, dit-on, Hemingway, un verre dans chaque main. Le cocktail culte de Cuba y demeure la boisson de référence, et la recette en reste inchangée depuis qu’Angel Martínez servait Papá.

Ce dernier ne tarda pas à poser son sac à Cuba après qu’en 1939, Franco a triomphé de la République espagnole. En Europe, la guerre gronde. Hemingway, qui la couvrira jusqu’au débarquement de Normandie, est de retour dans la chambre 511. Il entame la rédaction de Pour qui sonne le glas, chef-d’œuvre qu’il achèvera à La Vigía. Papá est habitué à écrire dans des chambres d’hôtel, des bars, des lieux improbables, trimballant partout sa machine à écrire portative. Mais l’Hotel Ambos Mundos est devenu trop bruyant. Ce sont les arbres des neuf hectares du paisible parc de la Finca La Vigía, une demeure perchée sur les hauts de San Francisco de Paula, qui séduiront l’écrivain. “Sans eux, La Vigía n’est rien”, écrit encore Padura.

Hemingway y réside jusqu’en 1959, alternant voyages aux Amériques – notamment à Key West, Floride, puis à Ketchum, Idaho, où il acquiert son ultime maison – et en Afrique, où il survit miraculeusement au crash de son avion au cours d’un safari. Quand il est à La Vigía avec sa quatrième épouse, Mary Welsh, Papá écrit, boit, reçoit. Les toreros Dominguín et Ordóñez, Gary Cooper, sans oublier les plus belles femmes du monde : Ingrid Bergman, Ava Gardner. En 1942, à bord de son yacht, El Pilar, Hemingway sillonne les Caraïbes à la recherche de sous-marins allemands.

Padura n’est pas dupe, qui parle d’épopée imbibée et foutraque. Nul, hormis les chercheurs, n’est autorisé à pénétrer dans le sanctuaire de La Vigía. Le visiteur découvre l’univers hemingwayen à travers les fenêtres ouvertes. La maison est en ordre. Comme si l’écrivain venait de s’absenter. Comme au lendemain de son départ vers les Etats-Unis en 1959, en route vers son suicide au seuil de la folie, deux ans plus tard.

Une ultime mise en scène, pour Mario Conde, amer et lucide, soliloquant dans Adios Hemingway : partout, des trophées de chasse, des armes. Sur une étagère, la machine portative Royal, avec laquelle il écrivait, debout comme un boxeur, dit la légende. Parce qu’une vieille blessure lui rendait la station assise douloureuse, corrige Padura. Qu’importe, le mythe est intact.

Sur le bureau de Papá, un étrange panonceau clame : “Les visiteurs non invités ne seront pas reçus.”Dans le dressing, uniforme de correspondant de guerre, bottes et chaussures astiquées patientent, comme à la parade. C’est dans la salle de bains que Mario Conde découvre les inscriptions les plus touchantes, relatives au poids de Hemingway, véritable obsession. Se croyant physiquement atteint, à la fin de sa vie, Papá se pèse quotidiennement et note le résultat à même la cloison.

Cet homme- là, saisi de peur devant la vieillesse qui approche, la folie qui guette, trouve enfin grâce aux yeux de Leonardo Padura. Quand son humanité profonde, sa fragilité, se laissent entrevoir derrière une légende lézardée. La Vigía est d’abord la maison d’un romancier. Les livres sont partout, jusque dans la salle de bains. Quelque 9000 ouvrages, la plupart annotés de la main de Hemingway. Sa correspondance, des lettres d’Adriana Ivancich, comtesse de 19 ans dont il tomba éperdument amoureux, et 3 000 photos et négatifs qui font la joie des chercheurs et des biographes.

De la tour, la vue sur La Havane et la mer qu’il chérissait tant est époustouflante. Là, son épouse installa un bureau où jamais il n’écrivit. Il semble qu’à la vue de l’océan il préféra certains jours celle, imprenable, d’Ava Gardner se baignant nue dans la piscine, sans savoir qu’un jour elle serait l’objet des rêves érotiques d’un héros de polar.

L’autre domicile de Hemingway est un yacht. El Pilar, veillé par les tombes des chiens défunts de l’écrivain, sommeille, protégé des embruns par un auvent. Son inconsolable capitaine, Gregorio Fuentes, qui inspira Le Vieil Homme et la mer, l’avait reçu en héritage de Papá. Le marin fit don du Pilar à l’État et vécut jusqu’à 104 ans. Témoin silencieux d’une passion, le fauteuil de pêche au gros où Hemingway lutta contre thons et espadons. Sa vérité est là. Pas dans le sanctuaire de la Virgen del Cobre, patronne des Cubains, où Papá fit déposer le Nobel reçu en 1954 – encore une mise en scène, affirme l’auteur d’Adios Hemingway –, mais dans le petit port voisin de Cojímar où mouillait habituellement le Pilar.

Au bar La Terraza, où l’écrivain éclusa des litres de rhum en compagnie de pêcheurs qui se moquaient bien de ses best-sellers. Hemingway les payait bien, les considérait. Les jours de mouise, il leur offrait même le produit de sa pêche. Il était devenu l’un des leurs. Si bien qu’à sa mort ils se cotisèrent pour récolter du bronze et faire fondre un modeste buste qui contemple la mer et le vieux fort. Le sculpteur n’exigea pas un peso. “C’est ce qui m’a réconcilié avec Hemingway, affirme Leonardo Padura. L’hommage des pêcheurs est le seul sincère et désintéressé qui lui ait jamais été rendu.” À l’homme, pas à sa légende. »

La condition tropicale de Francis Hallé

 La condition tropicale de Francis Hallé
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Dans cet ardent plaidoyer pour les tropiques, Francis Hallé défend une conception des basses latitudes à rebours des analyses actuelles. Ces régions, qui ont à ses yeux une importance bien supérieure à celle qu’habituellement on leur concède, constituent pour la planète tout entière une référence, un berceau, un moteur. Cette position, qui va de soi dans de nombreux domaines – climats, biologie, diversité ethno – logique, maladies, techniques agricoles… –, conserve toute sa pertinence en économie : avant d’être colonisées, les populations tropicales ne respectaient-elles pas l’environnement mieux que ne le font aujourd’hui les pays riches, victimes de leur surdéveloppement ? La question ici en jeu, rarement soulevée, est donc d’ordre planétaire : c’est celle de l’inégalité économique entre les tropiques et les latitudes tempérées.
Pour tenter d’y répondre, et après avoir dénoncé les contre-vérités des ignobles et tenaces théories racistes, l’auteur s’attache à évaluer les facteurs politiques – esclavage, colonisation, néocolonialisme –, mais ceux-ci, recevables pour les périodes récentes, ne permettent pas d’élucider, dans une vaste perspective historique, l’origine de ces inégalités entre les latitudes.
Il avance alors une hypothèse biologique : fondée sur la sensibilité de l’homme aux variations de longueur des jours, celle-ci expliquerait les différences conportementales qui, entre les tropiques et les latitudes tempérées, influencent profondément les structures psychologiques, les progrès scientifiques et les constructions sociales.
Face aux dérèglements actuels – changements climatiques, montée du niveau des mers, déforestation tropicale, pollution, érosion de la biodiversité, épuisement des ressources, pénurie d’eau potable –

Les écrivains et artistes du Vieux Nice

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Ayant découvert certaines traces d’eux  au cours de mes balades ou de mes lectures, j’ai décidé de créer cet article sur les écrivains et artistes du Vieux Nice. Rien de restrictif malgré le fait que dans un premier temps je vais m’en tenir aux personnages célèbres qui ont marqué leur passage.

Pour commencer : Friedrich Nietzsche (peint par Munch)

D’abord domicilié au 38 Rue Segurane il s’installe près du Cours Saleya au 26 Rue Saint François de Paule. De 1883 à 1888 il habite Nice.,il y écrit deux chapitres d’ « Ainsi parlait Zarathoustra » et « Par delà le bien et le mal ».

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En 1887 eu lieu un important tremblement de terre, de nuit il parcourut les ruelles pour constater les dégâts. Il écrivit :

« En allant voir à travers les ruelles jusqu’à quelles folies la peur pouvait pousser l’humanité, j’ai fait à Nice la promenade la plus instructive ».

En 1883, Nietzsche découvrit Nice :

« Ce ciel alcyon qui venait briller pour la première fois dans ma vie ».

De Nice il dit : « quelque chose de victorieux et d’extra-européen s’en dégage, quelque chose de tres réconfortant qui me dit, ici tu es à ta place.[…] on est tellement hors de la germanité… »

Il se rend à l’Opéra proche de son domicile, en 1886 ayant assisté à l’ouverture des Maîtres Chanteurs :

« C’est pour les méditerranéens que Bizet a écrit sa musique… Bizet ce dernier génie qui ait découvert un fragment du midi de la musique ».

En 1887 il rédige « le gai savoir » entouré des bruits du Cours Saleya et des odeurs de fleurs. Il mourra à 56 ans en 1900 en Allemagne.

—- A suivre….

Emir Kusturica

LYON : 1st edition of  the Lyon first cinema festival

Emir Kusturica est né en 1954 à Sarajevo en République fédérale socialiste de Yougoslavie. Connu comme réalisateur de films, acteur, et musicien, ce personnage éclectique se révèle être écrivain avec « Etranger dans le mariage », après son autobiographie « Où suis-je dans cette histoire »…

Ses films ont révélé son exhubérance, sa soif de vie, mis en valeur dans ses rôles d’acteur notamment celui passé presque inapperçu dans « 7 jours à La Havane » sous la direction de Pablo Trapero

Avec son groupe : « The no smoking orchestra »

A la fois fantaisiste et réaliste il expose dans ses musiques et ses films son univers baroque qui lui a valu deux Palmes d’Or au Festival de Cannes pour « Papa est en voyage d’affaires » et « Underground ». C’est aussi un écrivain malgré ses détracteurs habituels, et voici qu’il publie son recueil  de six nouvelles qui lui ressemblent, remplies d’amour, de folie, de violence et de désespoir. C’est un retour sur les lieux de sa jeunesse, Sarajevo, Belgrade, et dans un petit village de l’ex-yougoslavie. Un monde onirique où on rencontre un petit garçon qui parle à une carpe dans l’eau de sa baignoire (comme certains paysans cubains y élèvent des petites tortues de mer), une Tzigane blonde aux fesses superbes, un bricolo de vieux postes radios, et des serpents qui fument, « Etranger dans le mariage » est paru chez Lattès.

Mon avis :

Ce n’est pas du Victor Hugo, mais c’est de l’authentique, du vécu qui sort comme de la sève de ce personnage nature qui ne se conforme pas au paraître mais explose d’humanité, le genre d’individu qui nous réconcilie avec l’humanité, loin des « poseurs » et des « détenteurs du savoir » qui exposent leur fatuité au long de leurs écrits, des pisses-vinaigre en quelque sorte.  Kusturica est spontané, non déguisé, jouisseur de la vie et cela se retrouve dans ses écrits, lisez le, oui cela peut surprendre il ne fait pas partie de « l’académie », mais bon sang quelle plume..!!!!

Pedro Juan Gutierrez, (Cuba)

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Pedro Juan Gutierrez, né en 1950 à Matanzas (Cuba)

On retrouve dans chaque livre de Pedro Juan Gutiérrez, Trilogie sale de La Havane, Animal tropical et l’insatiable homme araignée, son antihéros éponyme, Pedro Juan, un homme qui a « appris lui-même à ne rien prendre au sérieux », et dont le locus operandi hante toutes les rues du centre de La Havane, considéré être le quartier le plus agité de la ville. Le style de Pedro Juan Gutiérrez – génial, brutal et parfois drôle – est bien assorti au décor.

Mon avis sur l’auteur Cet auteur ne laisse pas indifférent, par sa forme d’écriture et le contenu de ses récits susceptibles d’éffaroucher les âmes prudes et bien pensantes. J’ai lu des critiques de personnes offusquées par les scènes de sexe, sa soi-disant « trivialité », pour avoir vécu trois années à temps plein dans ce pays, dans un quartier populaire et non touristique je puis dire que Gutierrez est dans le vrai de la vie cubaine (à une certaine époque de son histoire), souvent misérable » où le manque de perspectives financières ne laisse plus comme loisirs que le sexe et l’alcool frelâté…

Critique de Mme Catherine Le Ferrand :

— » Cuba ? Laissez-moi réfléchir… Les plages interminables de Varadero ? Les discours-fleuve de Fidel ? Le mojito ?…. Les cigares ! Où avais-je la tête ! Ah ! Et puis aussi, la salsa, le Malecon, Che Guevara… On a déjà tout vu, dans Buena Vista Social Club, et puis il y a Zoé Valdés, la plus cubaine des Parisiennes, qui nous découpe de temps en temps une petite tranche de quotidien, histoire qu’on sache qu’il y a autre chose… Mais j’y pense ! Où sont les Cubains ?

Les Cubains ?… Ils s’entassent dans des palais en ruine, sans eau, sans électricité… Ils élèvent des cochons dans des arrière-cours fétides, partagent à dix des toilettes bouchées, s’inventent des métiers aussi improbables qu’indispensables pour trouver le dollar qui les fera survivre. Et le pire devient normal parce qu’on s’habitue à tout… A la misère, à la faim, à vivre sans projets, sinon celui du prochain repas, à ce que les journées ne soient qu’un parcours d’obstacles à la recherche du minimum vital. Mais surtout parce qu’il y a une chose que personne ne pourra leur enlever, c’est le sexe !

La Trilogie sale de La Havane, ce sont trois volets, comme des instantanés entre histoires fantastiques, portraits et autobiographie. C’est l’image truculente d’une ville à la dérive où tout est soluble dans le rhum et la fesse, surtout le désespoir. Les femmes sont rondes, chaudes et généreuses, et les hommes ont tous de quoi les satisfaire ! Les Cubains par leur simple anatomie, bien sûr, les gringos par leurs dollars… faute de mieux ! Les femmes cherchent fortune sur le Malecon en combinaisons lycra marché noir, les hommes optimisent leur anatomie à la sortie des hôtels de luxe…. »

http://www.avoir-alire.com/trilogie-sale-de-la-havane

Bibliographie de l’auteur :

  • Trilogie sale de La Havane

  • Animal tropical

  • Le roi de La Havane

Autres titres :

L’Homme-araignée insatiable, Viande à chien, La mélancolie des lions, Le nid du serpent, Notre GG dans La Havane, Moi et une vieille négresse voluptueuse (poésie), Lulú le dégagé (poésie)

Elif Shafak une écrivain turque.

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Elif Shafak, née le 25 Octobre 1971 à Strasbourg, écrivain turque…

Mon avis sur « Crime d’Honneur » :

« le destin » qui guide le fil de cette lecture nous joue bien des tours comme dans le superbe film d’Elia Kazan « America, America ». En fait j’ai eu l’occasion de parler de kaléidoscope ou de puzzle pour definir ce roman, mais pour être plus précis on devrait parler de ce « Palais des glaces » qui prenait place dans les fêtes foraines d’autrefois, succession de miroirs où chacun s’aventure, et regarde son image démultipliée selon sa position.
Dans ce recit, qui semble mener à l’inéluctable, tel le destin d’autres femmes égarées dont il est fait état, le destin de deux soeurs jumelles Jamila et Pembe, Pembe et Jamila, se mélange comme les marionnettes sous les doigts de l’artiste, en l’occurence ceux de l’auteure, mêlant à loisir leurs vies entre le plateau anatolien et les rues de Londres, entre culture islamique et manifestations de punks anglais, dans un brassage de peuples orientaux aux traditions et coutumes ancestrales.
L’écriture de Elif Shafak est limpide, elle s’écoule agréable, pleine d’un charme oriental, toute en suggestions et retenue. Elle nous fait découvrir l’existence de populations transportées dans une europe où telle la plante épiphyte d’Elias elles survivent en s’attachant « à toutes sortes de choses et poussent presque dans l’air, en vraies nomades ».

Mon avis sur Elif Shafak :

–Voilà un auteur interessant, attachant, une femme intelligente et d’une grande sensibilité. J’ai adoré « crime d’honneur » et je vais lire « Soufi mon amour ». Elle plonge au fond de l’âme humaine sans pour autant juger, rappelant que tout est complexe dans l’existence et que le destin a son rôle dans ces terres d’Orient.  Et de plus ce qui ne gâte rien son regard exprime la beauté de son âme.