Mango

ac454021a5041057f90e3306c02295ebTerrasse de la cafetaria « Le Golfo » Angle Malecon y Gervasio, ambiance caliente, tenue legere, accessoire : un puro Cohiba en la boca…
Lorsque la douleur devient insupportable, lorsque le feu brûle mes veines, ma plume vagabonde sur ton corps de mulata…
Ton parfum de canne a sucre me transporte au cœur de cette île tropicale côtoyant les manguiers, les mameyes et les chirimoyas.
Tes hanches se balancent, tes seins se meuvent en des vagues de plaisir dans cette rue noyée par la chaleur de l’averse électrique…
Je te suis du regard pour ne rien perdre de toi ma fleur de flamboyant, mon baiser de papaye. Tu es belle comme ce rivage du Malecon, tu es désir, tu es passion…
Tu ravives mon cœur, mes artères bardées de fer, tu es mon sang, tu es ma vie. En toi ce sont les filles des îles qui chantent la salsa et dansent langoureusement au son des Kongos…
Les heures s’écoulent lentement sous les caresses de ta peau couleur chocolat, effaçant la misère des édifices en un soleil de renouveau…
Les bruits de la rue renaissent après l’orage, les enfants s’approprient l’espace et les marchands ambulants couvrent ton rire qui disparaît au coin de la calle.
Vision enchanteresse, moment d’éternité, je reste seul assoiffe de te revoir mon mango d’amour, ma fraîcheur exotique…
Toussaint Sbreccia

Le palmier et l’étoile de Léonardo Padura

Le palmier et l’étoile de Léonardo Padura

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Fernando revient passer un mois à La Havane, après 18 ans d’exil, pour enfin trouver le mystérieux manuscrit autobiographique du grand poète José Maria Heredia, auquel il a consacré sa thèse. Il souhaite aussi tirer au clair les circonstances qui l’ont contraint à l’exil. Qui l’a trahi ?

A la mélancolie du retour de l’exilé et au suspens de sa recherche, se superpose le journal de Heredia, alors que Cuba luttait pour son indépendance, ainsi que les réflexions du fils du poète, franc-maçon, dans les années 20.

Des parallélismes surprenants émergent dans la vie des trois hommes, comme si à travers les siècles, l’histoire de Cuba marquait d’un sceau fatal les destins individuels. Dénonciations, exil, intrigues politiques, trahisons semblent inévitables à tout créateur talentueux, quel que soit le moment historique qui’ lui est donné à vivre.

Leonardo Padura confirme ici, au-delà du roman noir, son talent d’écrivain. Il nous emmène à la fois dans un voyage aux origines de la conscience nationale cubaine à travers la vie de son premier grand poète romantique, et au cœur des questions que la situation actuelle impose à tous les habitants de l’île

Pedro Juan Gutierrez, (Cuba)

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Pedro Juan Gutierrez, né en 1950 à Matanzas (Cuba)

On retrouve dans chaque livre de Pedro Juan Gutiérrez, Trilogie sale de La Havane, Animal tropical et l’insatiable homme araignée, son antihéros éponyme, Pedro Juan, un homme qui a « appris lui-même à ne rien prendre au sérieux », et dont le locus operandi hante toutes les rues du centre de La Havane, considéré être le quartier le plus agité de la ville. Le style de Pedro Juan Gutiérrez – génial, brutal et parfois drôle – est bien assorti au décor.

Mon avis sur l’auteur Cet auteur ne laisse pas indifférent, par sa forme d’écriture et le contenu de ses récits susceptibles d’éffaroucher les âmes prudes et bien pensantes. J’ai lu des critiques de personnes offusquées par les scènes de sexe, sa soi-disant « trivialité », pour avoir vécu trois années à temps plein dans ce pays, dans un quartier populaire et non touristique je puis dire que Gutierrez est dans le vrai de la vie cubaine (à une certaine époque de son histoire), souvent misérable » où le manque de perspectives financières ne laisse plus comme loisirs que le sexe et l’alcool frelâté…

Critique de Mme Catherine Le Ferrand :

— » Cuba ? Laissez-moi réfléchir… Les plages interminables de Varadero ? Les discours-fleuve de Fidel ? Le mojito ?…. Les cigares ! Où avais-je la tête ! Ah ! Et puis aussi, la salsa, le Malecon, Che Guevara… On a déjà tout vu, dans Buena Vista Social Club, et puis il y a Zoé Valdés, la plus cubaine des Parisiennes, qui nous découpe de temps en temps une petite tranche de quotidien, histoire qu’on sache qu’il y a autre chose… Mais j’y pense ! Où sont les Cubains ?

Les Cubains ?… Ils s’entassent dans des palais en ruine, sans eau, sans électricité… Ils élèvent des cochons dans des arrière-cours fétides, partagent à dix des toilettes bouchées, s’inventent des métiers aussi improbables qu’indispensables pour trouver le dollar qui les fera survivre. Et le pire devient normal parce qu’on s’habitue à tout… A la misère, à la faim, à vivre sans projets, sinon celui du prochain repas, à ce que les journées ne soient qu’un parcours d’obstacles à la recherche du minimum vital. Mais surtout parce qu’il y a une chose que personne ne pourra leur enlever, c’est le sexe !

La Trilogie sale de La Havane, ce sont trois volets, comme des instantanés entre histoires fantastiques, portraits et autobiographie. C’est l’image truculente d’une ville à la dérive où tout est soluble dans le rhum et la fesse, surtout le désespoir. Les femmes sont rondes, chaudes et généreuses, et les hommes ont tous de quoi les satisfaire ! Les Cubains par leur simple anatomie, bien sûr, les gringos par leurs dollars… faute de mieux ! Les femmes cherchent fortune sur le Malecon en combinaisons lycra marché noir, les hommes optimisent leur anatomie à la sortie des hôtels de luxe…. »

http://www.avoir-alire.com/trilogie-sale-de-la-havane

Bibliographie de l’auteur :

  • Trilogie sale de La Havane

  • Animal tropical

  • Le roi de La Havane

Autres titres :

L’Homme-araignée insatiable, Viande à chien, La mélancolie des lions, Le nid du serpent, Notre GG dans La Havane, Moi et une vieille négresse voluptueuse (poésie), Lulú le dégagé (poésie)

Léonardo Padura (Cuba)

Léonardo Padura : né en 1955 à La Havane (Cuba)

Leonardo Padura Fuentes est l’auteur le plus célèbre travaillant à Cuba aujourd’hui. Il a écrit des scripts de films, des livres de nouvelles et une série de romans policiers traduits en de nombreuses langues. Ses essais politiques servent d’aides scolaires pour les cours dans les universités du monde entier.

Malgré tout ceci, Padura (comme il s’appelle lui-même) n’attire pas beaucoup de visiteurs de l’étranger. Les touristes s’approchent rarement de l’étude faisant l’objet de son livre, dans la banlieue de classe ouvrière de Mantilla. Non, les gens qui viennent à La Havane à la recherche d’un écrivain, recherchent la plupart du temps les traces d’Ernest Hemingway. Ils se rassemblent à l’hôtel Ambos Mundos, la première résidence cubaine d’Hemingway, et ignorent son quartier populeux de Mantilla.

Son oeuvre :

  • Cycle Les Quatre Saisons :

    • Passé parfait (1991) – Prix des Amériques insulaires 2002,  éditions Métailié, 2000

    • Vents de Carême (1994), éditions Métailié

    • Electre à La Havane (1997) – Prix Café Gijon 1995, Prix Hammet 1998,éditions Métailié, 1998 

    • L »Automne à Cuba (1998) – Prix Hammet 1999 éditions Métailié, 1999

  • Adiós Hemingway (2001), éditions Métailié, 

  • Les brumes du passé (2005), éditions Métailié, 2006 

  • Mort d’un chinois à La Havane (2011), éditions Métailié, 2001 

  • Heretiques (2013), éditions Métailié, 2013

  • Fiebre de caballos (1988)

  • Le Palmier et l’Etoile (2002), roman policier historique ayant pour héros le poète José María Heredia, éditions Métailié, 2003 

  • L’homme qui aimait les chiens (2009), roman fondé sur les dernières années à La Havane de Ramón Mercader, l’assassin de Léon Trotski, éditions Métailié, 2011

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Mon avis sur « Electre à La Havane » :

—Un livre qui m’a transporté à nouveau dans cette ville que j’ai quittée, sur les pas d’El Conde (le comte en espagnol, le flic en français..) je me suis baladé sur ses traces. J’ai retrouvé cette atmosphère insouciante et grave à la fois, joyeuse et triste, mélange sucré salé, paradis et enfer sur terre, où tout semble permis mais où l’on se heurte à l’interdit à chaque coin de rue, chaque acte de la vie privée ou publique, où le regard de l’autre peut être autant bienveillant que fliqué…Et Padura sait nous mettrre dans cette ambiance lui qui commence sa demarche avec plein d’à prioris sur les homosexuels et qui au fil des pages ouvre les yeux, entend leurs misères à Cuba et les comprend de plus en plus…Ce bouquin est un requisitoire aussi fort que le film « fraise et chocolat »…

Style et thèmes :

Padura a une belle écriture, limpide et agréable, sa lecture est aisée et il dispose d’une importante documentation sur les thèmes qu’il aborde et ce grâce à une aide internationnale, il en est ainsi de l’homosexualité, de la peinture, de la poèsie, du nationnalisme, de l’intolérance religieuse et du racisme..etc…

Classifié comme auteur de polars, il ne faut pas s’attendre à trouver dans ses oeuvres des enquêtes à l’américaine ou à la française. En fait, son policier « le Cond » dans ses premiers ouvrages est anti-flic, il réchigne à suivre le système et il n’a qu’une envie, quitter la Police. 

Il le fera, et deviendra « Privé » puis « chercheur de livres rares », dans « Hérétiques » son dernier ouvrage notamment. Mais dans cette évolution deux axes le guident : son amour des enquêtes et son amitié avec ses « potes » d’enfance dont « El flaco », « El conejo » etc…

Connus sur les bancs de l’école, chez lui rien ne vaut un bon repas entre amis et une bouteille de rhum ou de bière, ah si, peut être son amour d’enfance qu’il poursuit d’oeuvre en oeuvre…

Sur « les Hérétiques »  :  http://aaronguide.com/2015/04/08/les-heretiques-de-leonardo-padura/

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Les Hérétiques de Léonardo Padura

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Hérétiques de Leonardo Padura

 

Lancé sur la piste d’un mystérieux tableau de Rembrandt, disparu dans le port de La Havane en 1939 et retrouvé comme par magie des décennies plus tard dans une vente aux enchères à Londres, Mario Conde, ex-policier reconverti dans le commerce de livres anciens, nous entraîne dans une enquête trépidante qui tutoie souvent la grande histoire. On y fréquente les juifs de la capitale cubaine, dans les années prérévolutionnaires, tiraillés entre le respect des traditions et les charmes d’un mode de vie plus tropical ; des adolescents tourmentés d’aujourd’hui, dont les piercings et scarifications semblent crier au vu et au su de tous leur rejet de l’Homme Nouveau et des carcans faussement révolutionnaires ; mais aussi les copains du Conde, chaleureux et bienveillants, toujours prêts à trinquer à la moindre occasion avec une bonne bouteille de rhum. On y fait même un détour par Amsterdam, en plein xviie siècle, à l’heure des excommunications religieuses et des audaces picturales, en compagnie d’un jeune juif qui décide d’apprendre l’art de la peinture, contre toutes les lois de sa religion. Dans ce livre puissant et profond, Leonardo Padura rend un vibrant hommage au libre arbitre et à tous les “hérétiques” qui osent s’opposer aux dictats de leur temps ou de leur communauté. Et qui mieux que Mario Conde, plus vivant que jamais sous ses airs désabusés, pouvait nous guider parmi ces amoureux de la liberté ?
Mon avis : . Un tableau de valeur peint par Rembrandt est le fil d’ariane du roman, le Condé se lancera sur sa trace, il nous mènera d’Amsterdam à l’Europe centrale, de Floride à Cuba.
Cette traque est l’occasion de rencontrer des individus qui mettent leur liberté de penser au dessus des dogmes religieux ou politiques en risquant l’opprobe et l’hérésie. C’est une oeuvre puissante qui nous fait découvrir une autre facette de Leonardo Padura…

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sur « les hérétiques »
Une des trois parties importantes du livre porte sur la création du tableau « Le Christ se révélant aux pèlerins d’Emmaüs », ce passage se déroulant dans l’atelier du Maître met en évidence l’hérésie du jeune juif Elias (qui porte le prenom d’un autre personnage du livre, Elias Kaminsky), Elias affrontera les interdits de son culte pour se faire representer dans un portrait du christ et de plus deviendra peintre alors que sa religion ne permet pas les représentations humaines, afin d’éviter les tentations idolâtres. Ce qu’il faut également savoir c’est que Rembrandt fut le premier peintre à réaliser un tabeau dans lequel le modèle choisit pour représenter la figure du Christ fut un homme juif, en ceci Rembrandt rompait avec la tradition de l’Art Chrétien; sa démarche fut révolutionnaire pour l’époque. Une exposition intitulée « Rembrandt et la figure du Christ » eut lieu au Musée du Louvre du 21-04-2011 au 18-07-2011,

Un tres bon Padura

Sur l’auteur :  http://aaronguide.com/2015/04/08/104/