Paganini, Dumas, Gaston Leroux, Jules Romain

Le grand musicien Paganini habita Rue de la Préfecture dans un appartement prété par son ami le Comte Hilarion Spitalieri de Cessole. En 1840 il y joua ses derniers accords de violon au grand soulagement de ses voisins qui le détestaient tant que l’Evêque refusa son enterrement religieux à Nice. Son corps fut transporté à Villefranche, puis à Lérins. Deux ans plus tard il fut inhumé à Gênes et enfin 56 ans plus tard à Parme…
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Sur Nice Alexandre Dumas disait :

« … Pour les habitants de Nice, tout voyageur est anglais ; chaque étranger arrive d’une ville fantastique perdue au milieu des brouillards, où quelquefois, par tradition, on entend parler du soleil, et que, par conséquent, on appelle London. »…

Roman Kacew alias Romain Gary (en niçois un gari est un rat) arriva à Nice à 14 ans, il y vécut avec sa mère, je n’ai pas trouvé trace de visites dans le Vieux Nice. De même pour Marie Bashkirtseff  que son journal intime rendit celebre, avant qu’elle ne meurt à 25 ans de la tuberculose.

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Gaston Leroux l’auteur du « mystère de la chambre jaune », lui, trouva sa dernière demeure au cimetière du château en 1927, sa tombe s’y trouve toujours.

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Jules Romain, cet écrivain de 1917 à 1919 enseigna la philosophie à Nice. Il y rencontra Maurice Maeterlinck. C’est de la vieille ville qu’il s’inspira pour écrire « La douceur de la vie » dont les héros se rencontrèrent Place Rossetti, une plaque y commémore cet évènement…

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De ses balades dans le Vieux Nice il dit de façon tres imagée :

« J’ai pris le chemin de Sainte Réparate pour m’enfoncer dans la vieille ville, celle que je préfère. J’ai longé toute la suite des rues qui vont de la Place Garibaldi et qui forment comme la grand-rue commerçante de l’endroit. Quel plaisir m’ont fait ces boutiques ! Je n’en connais pas ailleurs qui m’enchantent à ce point.

Beaucoup ressemblent à un couloir, tout grand ouvert sur la rue. Les marchandises sont disposées de part et d’autre du passage médian ; elles forment des empilements ingénieux qui évoquent toutes les sortes possibles de tours, de pilastres, de colonnes, et qui joignent le sol au plafond. Même les matériaux les plus rebelles s’y soumettent : le tonneau d’anchois, le sac de café vert, le faisceau de macaronis.

La lumière du jour ne pénètre jamais bien loin ni bien fort dans ces boutiques. En été la pénombre doit y être délicieuse, pleine des odeurs de la bonne vie. En cette fin d’automne, il arrive qu’on voie un doux soleil descendre en biais le long des tours ajourées et des colonnes cannelées des marchandises dans les boutiques, pour atteindre le pied de la dernière et faire dans l’angle du fond une petite mare de chaleur épicée.

Dans les rues commerçantes, les profondes boutiques étroites accaparent tout. Et comme rien ne les sépare de la rue, ni porte ni vitres ni châssis quelconque, comme elles ouvrent tout grand sur la rue, entre deux tours ajourées de savon ou deux colonnes de boîtes coloriées, à la façon dont un port ouvrirait entre deux môles sur un détroit tranquille mais sombre, l’âme du passant quitte un instant de bord, pour aller faire avec ravissement le tour de ce havre de richesse intérieure »

De 1932 à 1935 Jules Romains retourne vivre à Nice,il retrouve Matisse, Maeterlinck et Zweig. Ensemble ils fréquentent le restaurant « Da Bouttau » et aussi chez « les deux frères » Rue du Moulin.

 

 

 

 

Smollett, Aragon, Elsa Triolet et Berlioz…

Tobias Smollett occupa un appartement sur le Cours Saleya, il y a deux siècles et demi, il décrivit la vie dans ce quartier :

« En été, vers huit ou neuf heures, on peut voir une partie de la noblesse réunie dans un endroit que l’on appelle le Parc. En réalité, c’est une espèce de rue bordée d’un côté par des maisons tres insignifiantes, de l’autre par le rempart  qui cache la vue de la mer. On peut y  contempler les nobles étendus par paires sur des billots de bois, au clair de la lune, chaque dame ayant son sigisbèe auprès d’elle. Le mari et le sigisbèe vivent côte à côte comme deux frères pendant que l’épouse et la maîtresse s’embrassent avec les marques de la plus chaude affection. Je ne désire pas entrer dans les détails. »

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Vers le milieu du Cours Saleya, un passage mène au quai des Etats Unis à hauteur du numéro 10-12. Louis Aragon et Elsa Triolet y trouvèrent refuge en 1941. Aragon dit c’est : » deux pièces au dessus d’un restaurant du quai des Ponchettes, avec la chambre ouvrant sur le ciel et la mer ». « Nous habitions, Elsa et moi, ce logement à ogives qui aurait tenu dans le creux de ma main, aux Ponchettes, à Nice, et on entrait par derrière, par une longue cour où se faisaient des arrivages de poissons et de courges, pour tomber à l’étage sur le ciel et la mer sans intermédiaire dans la fenêtre bleue ».

Elsa Triolet y écrivit « le cheval blanc » et Aragon commença « Aurélien ».

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Aragon rencontre Matisse à Nice, ce qui donne de la part d’Aragon « Henri Matisse, Roman ». Matisse lui, croqua au fusain et à la plume plusieurs portraits d’Aragon et d’Elsa Triolet.

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Sur les contreforts de la colline du château la Tour Bellanda annexe d’un hotel accueillit le grand compositeur Berlioz à plusieurs reprises. « Je suis à Nice, j’en aspire l’air tiède et embaumé. La musique m’embrasse et l’avenir me sourit. J’ai passé à Nice les plus beaux jours de ma vie. » C’est à Nice qu’il écrivit l’ouverture du Roi Lear et de Rob Roy.

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Tchékhov, Matisse, Apollinaire et le Vieux Nice…

Writer Anton Chekhov. January 1889. Reproduction. From the collection of the Chekhov Museum-Apartment in Moscow.

Writer Anton Chekhov. January 1889. Reproduction. From the collection of the Chekhov Museum-Apartment in Moscow.

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Anton Tchékhov et Matisse résidèrent à l’Hotel Beau Rivage au 24 Rue Saint François de Paule (je n’ai découvert aucune plaque sur la façade de l’hotel..Si, elles sont à l’arrière sur le Quai des Etats Unis…errare humanum est.)

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Matisse vint une première fois à Nice en 1916, Tchékhov y arriva en 1894. De 1921 à 1938 Matisse occupa le Palais Caïs de Pierlas au fond du Cours Saleya avant qu’il ne s’installe au Régina à Cimiez par commodités…

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En arrivant à l’hotel, Tchékhov apprit que son amie de coeur venait de perdre son enfant, ce drame fut à l’origine d’une belle tragédie : « la Mouette »…

Au 2 Rue Saint François de Paule toujours, le Palais Hongran de Fiano hébergea 15 jours en 1796 Bonaparte. Mais surtout c’est dans ce palais qu’en 1897 le poète Apollinaire passa son baccalauréat et échoua. Après cet échec il flâne dans le Vieux Nice : « aux odeurs de chair crue, de pâte aigre, de morue et de latrines ».

Apres y avoir passé 12 années sa famille quitte Nice en 1899, il y revient à 34 ans et en 1914 il demande sa naturalisation et s’engage pour la guerre. Nice lui avait inspiré « Les pélerins de Laghet » et « Le Gitan ». Il y avait rencontré Lou, Louise de Coligny -Châtillon, ce fut l’amour fou, il lui écrivit quelques uns de ses plus beaux poèmes d’amour. Lou est frivole et ne l’aime pas, Elle se livre à lui une semaine, ils rompent à Marseille. Il rejoint un régiment d’artillerie à Nîmes, c’est dans le train de Nice qu’il rencontre Madeleine Pagès. Blessé en 1916, il rompt avec Madeleine.

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A un ami il recommandera : »les pâtes de Guys aux Ponchettes, les sanguins de Falicon, la daube de Bouttau, les raviolis à la blette de la Bicon, au fin fond de la promenade des anglais. » Il mourra en 1918 de la grippe espagnole sans être revenu à Nice.

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