Smollett, Aragon, Elsa Triolet et Berlioz…

Tobias Smollett occupa un appartement sur le Cours Saleya, il y a deux siècles et demi, il décrivit la vie dans ce quartier :

« En été, vers huit ou neuf heures, on peut voir une partie de la noblesse réunie dans un endroit que l’on appelle le Parc. En réalité, c’est une espèce de rue bordée d’un côté par des maisons tres insignifiantes, de l’autre par le rempart  qui cache la vue de la mer. On peut y  contempler les nobles étendus par paires sur des billots de bois, au clair de la lune, chaque dame ayant son sigisbèe auprès d’elle. Le mari et le sigisbèe vivent côte à côte comme deux frères pendant que l’épouse et la maîtresse s’embrassent avec les marques de la plus chaude affection. Je ne désire pas entrer dans les détails. »

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Vers le milieu du Cours Saleya, un passage mène au quai des Etats Unis à hauteur du numéro 10-12. Louis Aragon et Elsa Triolet y trouvèrent refuge en 1941. Aragon dit c’est : » deux pièces au dessus d’un restaurant du quai des Ponchettes, avec la chambre ouvrant sur le ciel et la mer ». « Nous habitions, Elsa et moi, ce logement à ogives qui aurait tenu dans le creux de ma main, aux Ponchettes, à Nice, et on entrait par derrière, par une longue cour où se faisaient des arrivages de poissons et de courges, pour tomber à l’étage sur le ciel et la mer sans intermédiaire dans la fenêtre bleue ».

Elsa Triolet y écrivit « le cheval blanc » et Aragon commença « Aurélien ».

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Aragon rencontre Matisse à Nice, ce qui donne de la part d’Aragon « Henri Matisse, Roman ». Matisse lui, croqua au fusain et à la plume plusieurs portraits d’Aragon et d’Elsa Triolet.

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Sur les contreforts de la colline du château la Tour Bellanda annexe d’un hotel accueillit le grand compositeur Berlioz à plusieurs reprises. « Je suis à Nice, j’en aspire l’air tiède et embaumé. La musique m’embrasse et l’avenir me sourit. J’ai passé à Nice les plus beaux jours de ma vie. » C’est à Nice qu’il écrivit l’ouverture du Roi Lear et de Rob Roy.

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Nikolli Paulin, Artiste peintre plasticien…

Au 6 Rue Place Vieille, Nice 06300, dans la vieille ville, l’atelier du peintre Nikolli Paulin.

Paulin Nikolli sait aussi être sérieux, il nous parle peinture :

Une vidéo de l’artiste au travail :

N’hésitez pas à lui rendre visite.

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Son site internet : http://Nikolli.free.fr

son mail : nikollipaulin@yahoo.fr

 

Les Hérétiques de Léonardo Padura

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Hérétiques de Leonardo Padura

 

Lancé sur la piste d’un mystérieux tableau de Rembrandt, disparu dans le port de La Havane en 1939 et retrouvé comme par magie des décennies plus tard dans une vente aux enchères à Londres, Mario Conde, ex-policier reconverti dans le commerce de livres anciens, nous entraîne dans une enquête trépidante qui tutoie souvent la grande histoire. On y fréquente les juifs de la capitale cubaine, dans les années prérévolutionnaires, tiraillés entre le respect des traditions et les charmes d’un mode de vie plus tropical ; des adolescents tourmentés d’aujourd’hui, dont les piercings et scarifications semblent crier au vu et au su de tous leur rejet de l’Homme Nouveau et des carcans faussement révolutionnaires ; mais aussi les copains du Conde, chaleureux et bienveillants, toujours prêts à trinquer à la moindre occasion avec une bonne bouteille de rhum. On y fait même un détour par Amsterdam, en plein xviie siècle, à l’heure des excommunications religieuses et des audaces picturales, en compagnie d’un jeune juif qui décide d’apprendre l’art de la peinture, contre toutes les lois de sa religion. Dans ce livre puissant et profond, Leonardo Padura rend un vibrant hommage au libre arbitre et à tous les “hérétiques” qui osent s’opposer aux dictats de leur temps ou de leur communauté. Et qui mieux que Mario Conde, plus vivant que jamais sous ses airs désabusés, pouvait nous guider parmi ces amoureux de la liberté ?
Mon avis : . Un tableau de valeur peint par Rembrandt est le fil d’ariane du roman, le Condé se lancera sur sa trace, il nous mènera d’Amsterdam à l’Europe centrale, de Floride à Cuba.
Cette traque est l’occasion de rencontrer des individus qui mettent leur liberté de penser au dessus des dogmes religieux ou politiques en risquant l’opprobe et l’hérésie. C’est une oeuvre puissante qui nous fait découvrir une autre facette de Leonardo Padura…

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sur « les hérétiques »
Une des trois parties importantes du livre porte sur la création du tableau « Le Christ se révélant aux pèlerins d’Emmaüs », ce passage se déroulant dans l’atelier du Maître met en évidence l’hérésie du jeune juif Elias (qui porte le prenom d’un autre personnage du livre, Elias Kaminsky), Elias affrontera les interdits de son culte pour se faire representer dans un portrait du christ et de plus deviendra peintre alors que sa religion ne permet pas les représentations humaines, afin d’éviter les tentations idolâtres. Ce qu’il faut également savoir c’est que Rembrandt fut le premier peintre à réaliser un tabeau dans lequel le modèle choisit pour représenter la figure du Christ fut un homme juif, en ceci Rembrandt rompait avec la tradition de l’Art Chrétien; sa démarche fut révolutionnaire pour l’époque. Une exposition intitulée « Rembrandt et la figure du Christ » eut lieu au Musée du Louvre du 21-04-2011 au 18-07-2011,

Un tres bon Padura

Sur l’auteur :  http://aaronguide.com/2015/04/08/104/