Cette nuit

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Cette nuit
J’ai chuchoté à la lune pour décrocher ses grâces, une complainte à ses rondeurs, arrachée à la froideur, une stance sans espoir.
Nimbée de brumes, parée d’habits de nymphette, baigneuse des années folles, l’astre cette nuit là se voulait musulmane ; beauté voilée se refusant aux tropiques.
Tout autour d’elle l’hiver étendait son domaine de glaces, sa couleur de neige remplissait la nuit.
Ma vaine supplique se perdait dans ces paysages polaires aux ténèbres bleutées des sorcières de Walpurgis.
En maintenant le cap sur les vagues friponnes du haut de la vigie je lui ai dit l’amour, je lui ai dit ma haine.
J’ai rompu avec elle les rouges airelles ramenées des montagnes caraïbes. J’ai sacrifié au rite de Skadi , déesse du froid et de la chasse. J’ai prié enfin, en vain, muette et distante, elle m’ignorait.
Après avoir foulé la couche de Baudelaire et de Verlaine tenu la chandelle, elle recrachait l’encre de ma plume indécente… ingrate.

Céphalées…

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Existes-tu vraiment..?
ou n’es tu que vain désir..?
reflet du soleil sur un tesson de verre…
étincelle dans les braises du desert…
clapotis de l’eau sur les rochers d’une cascade
mirage flottant sur le sel du Djerid…
ou clin d’oeil sous un voile berbère…

M’as tu seulement aimé..?
Toi que j’ai cru entrevoir sous le porche des cloîtres…
dans les ruelles sombres des bars de Pigalle
et jusqu’aux quartiers mal famés du Panier de Marseille…

Je t’ai suivie pourtant brebis égarée dans les rues d’Amsterdam
sous les ponts de Venise, les ramparts de Raguse
tu jouais à cache-cache entre les dolomites
et dans les ruelles écroulées de la parèdre Tanit…

Ignorante, égoïste et hautaine
j’ai bu jusqu’à la lie le vinaigre de ton dédain.
J’ai renié ma famille, j’ai renié mes amis
comme cet apôtre incertain au mont Sinaï

N’es tu donc que sable, poudre et artifices
chimère grimaçante au flanc des cathédrales
prostituée vulgaire dans les échoppes du Caire
chair écartelée sous le pinceau de Matisse

Epouse éphémère, amante vénale saches
que ma haine te poursuivras jusqu’aux confins de la Terre…

Toussaint Sbreccia

LA BELLE CAFRINE

Un poème de Voiedorée

 

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Sous ses cheveux rebelles par un nœud obligés
De rester en arrière, le front haut se dégage,
Lisse, au-dessus des sourcils épilés
Qu’un trait de noir souligne encore davantageSes yeux sombres au regard lointain
Traversent en un instant les objets et les êtres
Par hasard disposés le long de son chemin
Et qu’elle ne souhaite pas vouloir reconnaître.

Son nez discret, à peine élargi,
Forme avec sa bouche aux lèvres épanouies
Un ensemble harmonieux au charme un peu étrange
Sans heurt ni défaut, sans que rien ne dérange.

Ses traits ainsi sculptés par des enlacements
D’amours informatés, dont il semble
Que nature ait choisi simplement
D’en garder le meilleur au fil des années,
Portent en eux le message de la chose achevée.

Mais ce qui émerveille, plus encore que l’aspect
De son visage bronzé luisant sous le soleil,
C’est le plaisir suprême, vécu avec respect,
De pouvoir contempler sa marche sans pareille :

Son allure de reine, aérienne et lascive
Gardienne d’un héritage dont on ne sait l’issue,
La transporte, gazelle aux formes suggestives,
Ici où là, partout, sans jamais qu’elle ne mue.

Même l’air s’écarte pour la laisser passer,
Respectueux de sa grâce et de sa majesté
Frôlant à peine,d’un souffle, pour ne l’effaroucher
La soie de sa vêture qu’il fait juste remuer.

Si un moment bénit vous fait un jour croiser
Cette belle cafrine, jamais je vous le jure,
Aussi longtemps que la vie vous dure
Jamais, au grand jamais, ne pourrez l’oublier.

Poème de Roger « voiedoree »

http://www.lulu.com/spotlight/voiedoree

http://voiedoree.oldiblog.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le palmier et l’étoile de Léonardo Padura

Le palmier et l’étoile de Léonardo Padura

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Fernando revient passer un mois à La Havane, après 18 ans d’exil, pour enfin trouver le mystérieux manuscrit autobiographique du grand poète José Maria Heredia, auquel il a consacré sa thèse. Il souhaite aussi tirer au clair les circonstances qui l’ont contraint à l’exil. Qui l’a trahi ?

A la mélancolie du retour de l’exilé et au suspens de sa recherche, se superpose le journal de Heredia, alors que Cuba luttait pour son indépendance, ainsi que les réflexions du fils du poète, franc-maçon, dans les années 20.

Des parallélismes surprenants émergent dans la vie des trois hommes, comme si à travers les siècles, l’histoire de Cuba marquait d’un sceau fatal les destins individuels. Dénonciations, exil, intrigues politiques, trahisons semblent inévitables à tout créateur talentueux, quel que soit le moment historique qui’ lui est donné à vivre.

Leonardo Padura confirme ici, au-delà du roman noir, son talent d’écrivain. Il nous emmène à la fois dans un voyage aux origines de la conscience nationale cubaine à travers la vie de son premier grand poète romantique, et au cœur des questions que la situation actuelle impose à tous les habitants de l’île

Reinaldo Arenas (Cuba)

      « Reinaldo Arenas est un écrivain cubain, romancier, nouvelliste et poète, né le 16 juillet 1943 à Holguín. Il grandit dans une famille paysanne pauvre, son père l’ayant abandonné et sa mère s’étant réfugiée chez ses parents. Après la révolution, il étudie à l’université de La Havane puis travaille pour la Bibliothèque Nationale José Martí. Il rêve alors d’embrasser une carrière d’écrivain. Son premier roman Celestino antes de alba (Les chants du puits) s’est distingué au concours national d’écriture.

      Mais le pouvoir veut reprendre en main les Cubains. La révolution culturelle prend une facette plus dure : les écrivains doivent censurer leurs écrits, les homosexuels sont considérés comme déviants. Arenas subit les persécutions du régime castriste, mais il continue d’écrire et de vivre sa sexualité comme il l’entend. S’il ne peut plus faire paraître ses œuvres sur l’île, il parvient malgré tout à les envoyer illégalement à l’étranger. Le peintre cubain Jorge Camacho, exilé en France, l’aide à faire paraître ses livres dans le reste du monde.

Ses critiques contre le pouvoir et son homosexualité lui valent de connaître la prison et les camps de réhabilitation par le travail. Il quitte Cuba pour les Etats-unis en 1980, tout comme des milliers de « rebuts de la société » expulsés par le régime cubain.

Arenas a raconté son histoire dans sa biographie Antes que anochezca (Avant la nuit) que le peintre et cinéaste new-yorkais, Julian Schnabel a adapté dans son film Before night falls.

Arenas, qui avait appris qu’il était atteint du sida en 1987, met fin à ses jours le 7 décembre 1990 à New York.

Les éditions Mille et une nuits ont publié nombre de ses œuvres : Le Monde hallucinant (2002), Encore une fois la mer (2002), Celestino avant l’aube (2002), Fin de défilé (2003), Le Palais des très blanches mouffettes (2004), La Plantation (2004), Arturo, l’étoile la plus brillante (2004), La Couleur de l’été (2006) et Adios a Mamà (2006). »

SOURCE :  http://m.fayard.fr/

Son oeuvre :

El mundo alucinante, 1982. Le monde hallucinant 1969. Le texte français est paru avant la version originale.

Cantando en el pozo (1982) (à l’origine Celestino antes del alba (1967)). Le puits

El palacio de las blanquisimas mofetas (1982). Le palais des très blanches mouffettes

La plantation

Arturo, la estrella más brillante (1984), Arturo, l’étoile la plus brillante

Otra vez el mar(1982). Encore une fois la mer

El color del verano (1982)

El Asalto (1990)

El portero (1987)

Antes que anochezca (1990) Avant la nuit.

Mona and Other Tales (2001)Traduction en anglais d’un recueil de nouvelles parues en Espagne entre 1995 et 2001

Con los ojos cerrados (1972),

La vieja Rosa (1980),

El central (1981), ISBN 0380869349

Termina el desfile (1981).

Cinco obras de teatro bajo el título Persecución (1986).

Necesidad de libertad (1986)

La Loma del Angel (1987),

Voluntad de vivir manifestándose (1989) ISBN 9879396553

Viaje a La Habana (1990). ISBN 0897295447

Final de un cuento (El Fantasma de la glorieta) (1991) ISBN 8486842387

Adiós a mamá (1996) ISBN 0897297911

El color del verano (1982) La Couleur de l’Eté , 1980. Mille et Une nuits (2007)