Vers le rattachement de Nice et de la Savoie à la France en 1860 : le plébiscite (Suite II)

—De 1820 à 1860, les évènements se sont succédés :
– Nice ne se mêla pas de la révolution pièmontaise partie de Turin, qui amena l’abdication de Victor Emmanuel de Savoie.
– Le gouvernement de son successeur Charles Felix Duc de Savoie fut bénéfique aux niçois, il poursuivit les travaux publics commencés sous l’Empire. Il reboise la colline du château, autorise la création d’un cimetière et d’un temple pour les résidents anglais, il aplanit la plus grande partie des remparts ceinturant la ville.
En son honneur les juifs érigent un obélisque entouré de quatre sphynxs

IMG_0113 La corporation des serruriers élève une colonne surmontée du chiffre en fer de Charles Félix, une statue le représentant est dressée par les négociants face au Port Lympia (elle existe toujours). Il fait assainir la centaine de marécages de la plaine du Var.

  • La renaissance linguistique niçoise avec le poète Rosalinde Rancher (1785-1843). Rancher écrivit le premier guide de Nice à usage des étrangers en 1826 (écrit en français).
  • Développement du paléotourisme à destination des Anglais et des Russes (ex : Smollett, Sulzer), on y reviendra.
  • Son successeur Charles Albert Duc de Savoie, Roi Sarde par son gouvernement avisé évita à la Savoie et à Nice d’entrer dans les désordres qui sévissaient dans le reste de l’Europe, tels l’Abdication de Charles X en France, les insurrections de Belgique, de Pologne et de Romagne. Son espoir cependant était de délivrer l’Italie du Joug autrichien.
  • Un parti français se crée suite à l’expulsion des jésuites et l’attitude controversée du gouverneur Rodolphe de Maistre fils de l’écrivain, ce parti se dote d’un journal « l’Echo des Alpes Maritimes » il est quasi quotidien, rédigé en français, avec à sa tête le banquier Carlone, l’ingénieur Victor Juge, Avigdor et Rangouse.
    • En 1848 alors que l’Europe connaissait l’effervescence des mouvements romantiques deux niçois s’illustraient par leurs actions et leurs écrits : Joseph Garibaldi et Auguste Blanqui.  Ce dernier, protecteur du prolétariat, contestataire emprisonné fréquemment sera l’apôtre de l’idée socialiste.Alors que le « risorgimento » embrase toute l’Italie, la Savoie et Nice se tiennent à l’écart. Le risorgimento s’avère être Piemontais et non Savoyard, c’est une ligne de rupture au sein du duché s’oriente vers une sécession future.
    • Le gouvernement de Turin prônant la régionalisation ne donna pas les moyens financiers nécessaires à l’expansion économique du comté de Nice.De plus à Turin (ainsi qu’à Paris d’ailleurs) on avait peu de considération pour l’histoire et la langue niçoise.Le régime de Turin en réalisant son rêve italien et en tenant Nice à l’écart amena une désaffection réciproque.
  • –A suivre…

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Un pirate anglais à Nice

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Un pirate anglais à Nice

 

Peter Easton né en Angleterre en 1570 Corsaire de la Reine d’Angleterre Elisabeth 1ère commença sa carrière en protégeant les pêcheurs de Terre-Neuve contre les français. A la mort de sa Reine il détourna sa flotille et se lança dans la piraterie. Il écume l’Atlantique-ouest, si bien qu’il fut surnommé « l’archipirate ». Etabli en Irlande il se lance contre  les navires anglais, hollandais ou français. Ayant des contacts avec les Barbaresques d’Essaouira et de Salé au Maroc il passe en Méditerranée et s’allie aux Barbaresques d’Alger et attaque les espagnols.

C’est alors qu’il décide d’entrer au service du duc de Savoie Charles –Emmanuel 1er et demande son amnistie. Le 9 Février 1615 il amène sa flotte dans la rade de Villefranche sur Mer, ce sont 14 navires, 900 hommes, un trésor de 400.000 couronnes, ainsi que des bateaux de commerce. Devant les hésitations du duc il s’installe à Nice et se marie avec Françoise Grimaldi de Gattières, fille du seigneur du lieu, et pour ce faire se converti au catholicisme.

Il se battra pour le duc de Savoie lors de la guerre du Montferrat (1613-1618) et sera fait Marquis avec un fief à Pancalieri en Pièmont. Il mourut en 1622 et fut enterré dans l’église de Cimiez à Nice, il y repose toujours mais nul ne sait où dans cette église.