Du paléotourisme de riches au tourisme de masse (Suite II)

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En 1864 le géographe Elisée Reclus écrivait l’un des premiers guides sur le midi de la France : « Villes d’hiver de la Méditerranée »
voici ce qui y était dit sur Nice :  » Les hôtels sont très confortables. Le plus ancien et l’un des plus vastes d’Europe est l’hôtel Chauvain, sur le quai Saint Jean Baptiste, près du Pont Neuf, avec 600 lits. Pour la location des appartements ou villas, les renseignements sont difficiles à obtenir : dans l’intérêt des voyageurs, il serait très désirable qu’on établit à Nice un syndicat pour les renseignements semblable à celui de Pau.
Le principal établissement de bains est celui des polythermes rue Saint-François de Paule. Un tunnel pavé en marbre conduit de la rue Saint François de Paule à la mer… »
Elisée Reclus reprenait la vogue des premiers guides touristiques créés au XIX° en Angleterre et en Allemagne, tels les guides Reichard à partir de 1784, les guides Baedecker à partir de 1828 et les guides Murray de 1836.
En France les premiers guides furent les guides Joanne à partir de 1853, bien avant les guides bleus Hachette et les guides Michelin et ses cartes…

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Nice est accueillante pour les malades,un des premiers livres touristiques publie cet article de Charles Mercier Dupaty :

« Les maisons de campagne des environs de Nice sont peuplèes d’Anglais, de Français, d’Allemands. C’est là que de tous les pays du monde se fuit l’hiver. Nice, pendant l’hiver, est une espèce de serre pour santés délicates. »

Du paléotourisme de riches au tourisme de masse

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Le mot tourisme serait né en 1841, on le devrait aux anglais, les mêmes qui cette année là ouvraient l’Agence Thomas Cook, la première agence de voyage au monde. Ce fut d’abord le privilège des riches pour meubler leur oisiveté.

Mais avant de parler de tourisme à Nice et autour de Nice, encore faut il avair une idée des distances et du temps pour les parcourir avant l’invention du train.

Quelques exemples :

  • Pour se rendre de Nice à Guillaumes (97 kms), il faut 20 heures
  •  »    »                »    de Levens à Saint Dalmas le Selvage (81 kms) il faut 29 heures
  •   »          »         »    de l’Escarène  à Tende (61 kms) il faut 17 heures
  •    »         »         »    de Nice  à Beuil (79 kms) il faut 22 heures

— Alors ?  Emprunter les routes ?

En fait de routes ce sont des chemins éboulés, ravinés, les ponts sont souvent écroulés, c’est dangereux. Les Ducs et les Rois ne se sont occupé que de la cité de Nice. Un exemple : les droits de douanes pour le passage des troupeaux instaurés au moyen-âge sont toujours en vigueur jusqu’au XIX° siècle.

L’attraction du paléotourisme (tourisme ancien) avant 1860 tiendrait surtout au climat agréable de la région plus qu’au relief grandiose. Ainsi le climat serait le mobile principal des migrations hivernales, pour l’étayer il existe dans la première moitié du XIX° siècle des rapports météorologiques établis par le Préfet  Du Bouchage en 1806, le livre de Bonifacy notant de 1814 à 1829 les températures, orages, hygrométrie, neiges, grêle etc…Les observations de Louis Roubaudi de 1830 à 1834 dans son livre « Nice et ses environs », les relevés astronomiques de l’astronome Teysseire de 1849 à 1861…

—–A suivre—–